La Gouvernance et le Haut niveau : choix et méthodes…

La Gouvernance et le Haut niveau : choix et méthodes…

Le journal l’Equipe vient de nous informer du nouvel organigramme des entraîneurs nationaux mis en place à l’INSEP ainsi que des différents mouvements internes des cadres techniques sur des missions au sein de la DTN ou dans des Pôles.

Compte tenu de l’importance que tient le haut niveau dans la Fédération française d’escrime, fortement impactée par les résultats de ses champions, il nous aurait semblé totalement légitime que le Comité directeur soit informé de tels changements stratégiques.

Au lieu de cela, nous avons appris à travers un communiqué d’une organisation syndicale des cadres techniques que des tensions existaient à l’égard de la direction technique nationale ; nous avons entendu des commentaires concernant les probables recrutements d’entraîneurs nationaux et eu vent de rumeurs sur leur niveau de rémunération. Et c’est la presse qui vient nous confirmer ces bruits de couloirs.

Il nous semble qu’en terme de gouvernance, une telle situation démontre un réel manque de considération à l’égard du Comité directeur et laisse à penser que la présidence de la FFE s’est d’ores et déjà inscrite dans une forme d’autocratie, que nous avons déjà dénoncée.

En effet, quels que soient les noms et les compétences des nouveaux entraîneurs, il apparaît peu probable que ces nominations résultent d’un choix de la directrice nationale qui aurait préalablement repérés les meilleurs profils pour ces postes. En effet, malgré le respect que l’on doit à sa fonction, madame Virginie Thobor ne peut prétendre à une expertise en la matière, comme l’avaient évoqué lors de sa nomination plusieurs personnalités de l’escrime.

En conséquence, cette démarche a sans doute été menée directement par le Président de la fédération qui a une fois de plus, joué de la confusion des rôles en s’immisçant dans les prérogatives de la DTN, voire du directeur de la performance.

Si l’on ajoute à cet épisode, la récente désignation par on ne sait quel canal de madame Sylvie Le Maux, directrice générale, salariée de la FFE, pour représenter la fédération au Conseil d’Administration du Comité National Olympique, on ne peut que constater, ici aussi, un mélange des genres qui ne nous semble pas de bonne augure. (Nous en avons déjà parlé)

Le Comité directeur de la fédération française aurait dû être informé de ce projet de changements d’entraîneurs, peut-être même aurait-il été possible d’en débattre, à tout le moins d’en connaître les motivations. Car, exception faite du retour à la tête de l’épée hommes d’Hugues Obry, qui pourrait être perçu comme légitime, on ne peut que s’interroger sur l’opportunité des autres nominations.

En effet, nous constatons que le fleuret, se voit imposer un entraîneur italien en tant que manager général.  Avec l’argent de l’équipe féminine et l’or de l’équipe masculine aux JO, la crise du fleuret français ne nous avait pas sauté aux yeux ! Sa reprise en main par un « expert » étranger sera jugée par tous ceux qui suivent de près le fleuret, au premier rang desquels les maîtres d’armes français.

Certes Stefano Cerioni a été un grand champion, mais c’était il y a déjà plus de trente ans. Sa connaissance du fleuret est indéniable, pour autant les athlètes qu’il a coachés ces derniers temps (Rice Imboden et Ysaora Thibus) n’ont pas atteint individuellementles objectifs qu’ils pouvaient espérer. Sur la période menant aux Jeux de Rio, où Cerioni manageait le fleuret russe, la Championne Olympique 2016 (Inna Deriglazova) s’entraînait à l’époque principalement au plastron de son maître d’armes, Ildar Mavlyutov, plutôt qu’à celui de l’Italien. Celui-ci peut-il réellement constituer une valeur ajoutée au staff actuel de notre fleuret ?

Enfin que dire des changements opérés au sabre. Certes le sabre hommes connaît des difficultés (pas de qualification de l’équipe hommes aux JO, ni de médaille en individuel), mais les résultats des sabreuses (bronze pour Manon Brunet et argent pour l’équipe) impliquaient-ils que leur entraîneur, Jean-Philippe Daurelle, soit écarté de l’entraînement des athlètes de l’INSEP contre son gré. Il semblerait d’ailleurs que cette décision lui ait été communiquée avant même les Jeux de Tokyo. On a fait plus élégant en matière de management…

Les destinées du sabre dames et hommes seront désormais confiées respectivement à Mathieu Gourdain et Vincent Anstett. Ce dernier sortant tout juste de sa carrière de tireur. Certains ne manqueront pas de noter que le premier est un élève de Christian Peeters et le second un disciple de Christian Bauer. Ces deux anciens entraîneurs nationaux, ont visiblement conservé, chacun de leur côté, une influence sur cette arme, et peut-être sur les décideurs fédéraux eux-mêmes !

- 8 septembre 2021 - 907 Views