FFE : un calme trompeur

FFE : un calme trompeur

Les clubs ont repris leurs activités quasi-normalement, sans toutefois ressentir « l’effet JO » escompté, étouffé par l’inconséquence fédérale en matière de communication. Un retour au calme trompeur sous lequel un mécontentement grandissant prend racine.

Après des retombées médiatiques post-JO ridicules, le flop de la tournée des athlètes dans les « clubs amis » et le mardi de l’équipe de France sous-calibré, tout va bien dans le meilleur des mondes, au regard de nos dirigeants.

Mais, si tout semble avoir repris sans anicroche, et si les problématiques fédérales semblent éloignées des préoccupations des clubs, tout ce qui se décide (ou pas) engage l’avenir de l’escrime française et par capillarité, celle des clubs, petits et grands.

Les premiers circuits ont eu lieu, au désespoir des clubs et des tireurs

Dépenses de fonctionnement supplémentaires pour les clubs, chevauchement du calendrier M17 M20. Être sur la piste à 8h le samedi matin signifie une nuit d’hôtel supplémentaire le vendredi. Le même week-end, les M17 ici et les M20 là-bas. Et cela 6 fois dans l’année ! Conséquence, on dédouble les équipes ou on fait des choix.

Le choix est clair pour les M20 qui ne peuvent plus se libérer les samedis matin en raison des DST. Depuis la réforme du baccalauréat, il n’est plus possible de les manquer aussi facilement qu’avant. Ainsi, le club qui n’avait qu’une poignée de compétiteurs les verra donc délaisser l’escrime faute de pouvoir participer aux épreuves.

Cette organisation de la Vie sportive creuse l’écart entre une élite de moins en moins nombreuse et l’ultra-majorité des licencié(e)s finançant la FFE, pour qui les choses se compliquent. Selon le président, tout cela serait la faute des comités régionaux. Ils se sont trop appuyés sur les circuits nationaux fédéraux pour assurer l’animation régionale et la fidélisation des publics !  A la question : que comptez-vous faire pour l’escrime non-compétitive qui représente plus de 70% des effectifs nationaux ? réponse : « On y travailleOn proposera quelque chose pour 2022-2024 ». Les pratiquants d’escrime artistique quant à eux, se sentent déjà oubliés…

L’autosatisfaction qui baigne les couloirs de Noisy-le-Grand est incompréhensible face à un tel fiasco.

Le discours présidentiel est bien rodé et s’articule nécessairement autour du COVID et des atermoiements internationaux. Il faut bien justifier les multiples retards internes (règlement sportif, calendrier), les revirements incessants et le jeu des chaises musicales des salariés et de la direction technique.

Attendu que personne ne s’étonne qu’il y ait autant de départs au sein des collaborateurs de Noisy-le-Grand ; Attendu que personne ne s’étonne non plus que les cadres de la DTN abandonnent les uns après les autres leurs missions nationales ;

Personne ne s’étonnera donc que la fédération française d’escrime n’ait toujours pas de Directeur de la performance…suite au départ de Lionel Plumenail qui retrouve le fleuret féminin. Et pourtant, elle a bien failli en avoir un… en la personne de… notre cher président !

Après avoir proposé de devenir président-DTN, le revoilà qui se propose à la Direction de la performance. Un président omnipotent et thaumaturge qui connaît tellement bien le haut niveau, qu’il l’a soigneusement déstabilisé. Proposition refusée ! Trois experts ont été sollicités par la DTN pour cette mission plus que centrale dans la perspective 2024 : tous ont décliné…

L’autosatisfaction qui baigne les couloirs de Noisy-le-Grand est incompréhensible face à un tel fiasco. L’escrime est invisible et inaudible dans les médias. Les clubs voient leurs charges exploser. La Vie sportive est incohérente. La France a été balayée de la Confédération européenne d’escrime. La DTN est désarmée et cherche le cap. Les relations avec l’ANS n’ont jamais été aussi tendues. Les décisions issues de l’improvisation et surtout du bureau présidentiel étonnent, irritent, démobilisent.

Les clubs sont mécontents et ils ont raison.

- 3 novembre 2021 - 1176 Views