Six mois plus tard…

Six mois plus tard…

Escrimes Plurielles fait le bilan des six mois.

Compte tenu de l’évolution de la pandémie, nul besoin d’être agrégé de médecine pour comprendre que la reprise des activités sportives, avant l’été, est hautement improbable. Pour entretenir nos espoirs et être efficaces, nos efforts doivent se concentrer sur la rentrée de septembre.
Parmi les multiples conséquences de cette crise sanitaire qui frappe cruellement tant de familles, l’arrêt quasi-total de notre secteur pose de nouvelles questions. Après deux saisons profondément altérées, nos pensées se tournent vers les dirigeants et vers les enseignants des clubs. Non pas pour des raisons financières ou économiques (même si celles-ci peuvent être réelles dans certains cas), mais pour des raisons plus humaines, plus psychologiques, qui tiennent au sens de leurs engagements professionnels ou bénévoles. Il faut encourager toutes celles et ceux qui portent les clubs de France, à tenir bon dans cette période où l’inactivité « désactive » les ressorts et rend l’attente démoralisante. Dans cet espace vide, il y aurait du grain à moudre… Le Covid ne saurait exempter la fédération de ses devoirs d’anticipation, de préparation et de soutien envers ses adhérents.
À l’heure où nous mettons en ligne, nous venons de dépasser le cap des six mois depuis les élections du 26 septembre. Ce cap est évoqué à plusieurs reprises dans le programme de monsieur Gares, qui comportait 30 points. Nous avons mis de côté les points qui sont le plus en lien avec la vie sportive strictement dite et nous avons retenu 10 points de ce programme qui auraient pu faire l’objet d’une mise en œuvre et d’une application conforme aux promesses de campagne.
Le temps est venu d’un premier point d’étape à partir des engagements de campagne de monsieur Gares.

Dans le domaine de la gouvernance
1- « Remettre les comités départementaux et les associations départementales au cœur de la vie fédérale. »
Aucune action n’a été réalisée ou commencée dans ce sens.
2– « Les présidents de région ne pourront plus siéger au comité directeur de la FFE… un comité national des présidents de région sera créé… Il intégrera des représentants des comités interdépartementaux et ou départementaux… Il verra le jour dans les six mois suivant les élections et aura une voix consultative au comité directeur. »
Le premier engagement est tenu : les présidents de comités régionaux ne sont plus invités au comité directeur. Ils ont été réunis à trois reprises afin d’échanger sur les propositions fédérales et dernièrement à propos du dispositif de financement de l’ANS. Sans retour sur « débats ».
Concernant un comité national des CRE, CID, CDE avec voix consultative au comité directeur : rien à ce jour.
3– « Le cercle des présidents de clubs sera créé dans les six mois… Il siégera et aura une voix consultative au comité directeur. »
Rien à ce jour.
4– « Nous mettrons en place des outils de démocratie participative… Des débats seront organisés, et le cas échéant tranchés par un vote électronique. »
Rien à ce jour.

Dans le domaine de la formation
5- le programme de monsieur Gares prévoyait « la création au niveau fédéral d’un Centre de formation des apprentis aux métiers de l’escrime. »
Engagement tenu, même s’il ne s’agit pas de la création d’un centre d’apprentissage par la fédération ou par l’IFFE. En effet, sous toute réserve car rien n’a été annoncé officiellement, la fédération aurait  signé une convention avec la fédération de judo et son centre d’apprentissage, ce qui permettra aux élèves maîtres d’armes de bénéficier de ce dispositif. Certes, la création d’un CFA suppose une ingénierie relativement lourde dans laquelle il semble que la fédération n’ait pas voulu s’engager. On pourra néanmoins s’étonner (si cela se confirme) du choix d’un CFA fédéral unisport (avec des coûts élevés) au détriment d’un CFA multi-structures. (Escrimes Plurielles y reviendra.)
6– « Référencer l’escrime dans parcours Sup »
Rien à ce jour.
7– « Nous souhaitons créer un diplôme européen de maître d’armes… Accompagner les femmes pour qu’elles puissent accéder aux postes d’entraîneur national… Cinq titres professionnels seront créés… À l’épée, au fleuret, au sabre, pour le sport santé et pour l’escrime ancienne et artistique. »
Ces trois engagements représentent à eux seuls des chantiers importants et donc un peu de temps, certes. Cependant rien n’indique que des travaux aient débuté dans ces domaines.
Remarquons que la fédération est aujourd’hui privée de son action-phare dans le domaine du sport santé: Solution Riposte.
Et que le sabre laser, activité déjà très structurée, est absent du programme.

Dans le domaine scolaire
8– « un pass’découverte permettra aux élèves formés en milieu scolaire d’intégrer un club sur la saison en cours… Nous proposons aussi une licence temporaire à prix réduit pour les licenciés  affinitaires »
Ici, rien est dit sur les conditions qui seront proposées ni sur les droits concrètement offerts . Mais rien n’a été encore évoqué à ce sujet.

Dans le domaine de la gestion et de la communication
9– « une application numérique sera mise à la disposition des dirigeants, des enseignants, des bénévoles et des licenciés… Outil de gestion… Et de développement… Appui efficace pour la communication… Nous mettrons en place au plus tôt un relais communication dans chaque région… »
Ces bonnes intentions sont toujours à l’état d’intention.

Direction technique nationale

Le dernier engagement de campagne du candidat Bruno Gares que nous avons retenu nous interpelle plus que tout autre.

10- « Nous mettrons en place un directeur technique par arme pour accompagner formation, développement, au niveau, arbitrage, etc. Ce trio de directeurs techniques sera coordonné par un directeur sportif (ex–DTN). »

Depuis trois mois, l’intérim de la direction technique est assuré par Eric Srecki qui quitte la FFE au mois d’avril. La non-confirmation de Yann Détienne pressenti pour être DTN laisse une vacance totale du poste jusqu’à la nomination du cadre recherché.

Beaucoup d’encre a coulé à ce sujet qui a récemment ému deux ex-DTN et un ex-entraîneur national.  Ils se sont exprimés en toute franchise sur la page Facebook de l’Académie d’armes de France. Franchise et émotion bien légitimes puisque la fédération, loin de disposer des trois DTN annoncés, est toujours privée de directeur technique à trois mois des jeux olympiques de Tokyo !

Cette situation plus que préoccupante ne doit pas occulter une autre réalité aussi grave qu’inédite : aujourd’hui l’ensemble de la DTN est « démobilisée ». Trois départs à la retraite entre janvier et juillet, deux départs volontaires, deux DTN poussés dehors, cela signifie qu’il faut dès à présent pourvoir les sept postes de cadres techniques nationaux … Si l’on ajoute qu’un entraîneur national et un conseiller technique régional se tournent vers d’autres horizons, et que l’on se rappelle le licenciement du directeur administratif au lendemain des élections du 26 septembre, il y a de quoi frémir !

Pour être tout à fait complet, il convient de porter à l’actif de la nouvelle présidence :

  • Une proposition pour transformer les cotisations reçues par les clubs en acte de mécénat. Cependant, une autorisation de l’administration fiscale est exigée et chaque demande est étudiée au cas par cas.
  • Un plan de relance annoncé à plusieurs reprises, attendu avec impatience.
  • La recherche d’un DTN et d’une direction technique au complet, exercice assurément ardu pour le président qui a assumé la responsabilité personnelle du management des ressources humaines.
  • Une procédure aux Prud’hommes en cours pour le licenciement de monsieur Rumpli.
  • La demande d’un prêt garanti par l’État de 663 000 € dans l’usage n’a pas été indiqué…à ce jour.
  • Absence d’informations sur les finances de la fédération.
  • Absence de relation avec la FIE.
  • La mise en place du dispositif de contrôle d’honorabilité, visant à mieux protéger les mineurs et à lutter contre le harcèlement et les violences sexuelles. Visioconférences à l’appui, mais aucun courrier de présentation ni d’explications n’a été adressé au club…à ce jour.
  • Et bien entendu, la convention avec la FFJ CFA pour les DE, dont on attend la confirmation.

A vrai dire, au-delà des promesses sans lendemain, c’est la santé de notre fédération qui nous inquiète. Décapitation administrative et technique, affaiblissement du lien inter-structures, défiance des partenaires, opacité des décisions, oubli des clubs… Jusqu’où ? Jusqu’à quand ?

- 3 avril 2021 - 703 Views