Gouvernance fédérale : de la démocratie à l’autocratie ?

Gouvernance fédérale : de la démocratie à l’autocratie ?

1 heure pour les grandes réunions, petites causes et grands effets!

La Fédération a prévu un calendrier des réunions institutionnelles jusqu’en mars, dans un format d’1 heure.

La programmation des réunions institutionnelles, bureau fédéral (10 personnes) et comité directeur (33 personnes) est à porter au crédit des dirigeants fédéraux. Après trois comités directeurs (10 octobre, 26 novembre, 17 décembre) convoqués avec un préavis de deux jours, l’agenda qui s’arrête néanmoins en mars, permettra aux membres des instances fédérales d’inscrire ses importantes réunions dans leurs agendas personnels.


Les réunions du bureau fédéral (BF) et de comité directeur (CD) sont en effet très importantes : ce sont les instances décisionnelles de la fédération. Elles sont le lieu du partage de l’information, de la réflexion collective, et de la prise de décision qui engage chacun des élus dans tous les champs de la politique fédérale. L’ordre du jour de ces réunions est, par définition, très chargé puisque les champs de la politique fédérale sont nombreux. Des sessions de 5 à 7 heures (3 à 4 heures en visio-conférence) sont habituelles et nécessaires pour traiter sérieusement et démocratiquement les différents points inscrits à l’ordre du jour.

De fait, le BF et le CD deviennent de simples chambres d’enregistrement et leurs réunions se réduisent à une pure validation formelle.

Dès lors, comment analyser la réduction des réunions de BF et de CD à 1h ?
La réponse est malheureusement aussi simple que choquante. De fait, le BF et le CD deviennent de simples chambres d’enregistrement et leurs réunions se réduisent à une pure validation formelle. Débarrassée du partage de l’information, de la réflexion collective, de l’échange d’opinion, où est l’exercice démocratique à l’intérieur de notre fédération ? Est-ce cela la nouvelle gouvernance promise ? Aucun des 32 élus fédéraux ne pourra s’empêcher de s’interroger sur le sens de son mandat dans le cadre d’un tel format de réunion, à moins d’accorder une confiance aveugle au leader…


Au-delà de notre culture, les lois du monde associatif, bien harmonisées à celle de notre république, sont fondamentalement démocratiques. L’acte 1 de ces lois donne la possibilité aux électeurs de désigner leurs représentants et leurs dirigeants. Mais cela ne constitue en aucun cas une carte blanche qui permettrait aux élus de se dispenser de réfléchir ensemble, d’activer les concertations fructueuses avec les territoires, de valoriser le débat indispensable à la prise de décision, de garantir la transparence avant, pendant et après les délibérations.


Il est vrai que l’exercice de la démocratie est toujours complexe, difficile et parfois trop lent. Mais c’est le prix à payer pour éviter le pire : l’autocratie, éclairée …ou pas.

Calendrier prévisionnel fédéral

- 22 janvier 2021 - 399 Views