Vie sportive : des signaux très étranges

Vie sportive : des signaux très étranges

Depuis le mois de mars 2020, la pandémie du COVID pénalise non seulement la vie sportive des 108 fédérations olympiques mais paralyse aussi toute activité bien au-delà du champ sportif. Les conséquences socio-économiques qui pèsent sur les clubs d’escrime et toutes leurs composantes sont lourdes et doivent être considérées avec sérieux et gravité.

Les clubs ont en effet besoin d’un cadre précis sur ce qu’ils peuvent entreprendre ou non et des perspectives réalistes. Pourtant, la communication fédérale ne semble pas répondre à cette attente très forte des élu.e.s…

Le premier signal équivoque remonte au 17 novembre 2020 avec le Point Médical N°3 publié sur Facebook, suggérant que “la France n’est plus contagieuse”, en s’appuyant sur des chiffres officiels interprétés pour aller dans le sens d’une minimisation de la gravité de la maladie.

Cette première communication maladroite, que certains ont qualifiée d’irresponsable et d’inutile, a suscité de nombreux commentaires et a eu deux effets immédiats: la modification discrète de la publication suivie d’une justification tout aussi maladroite; et la disparition du  Point Médical hebdomadaire depuis le 18 novembre 2020. La réaction de Madame la Ministre chargée des sports résonne encore, paraît-il, dans les couloirs du 7, Porte de Neuilly…

un manque de discernement persistant quant à la situation sanitaire en ce début d’année...

Alors que le protocole sanitaire de reprise des compétitions est encore en cours de rédaction, le courrier du 8 janvier cosigné par le Directeur de la Vie Sportive et des Comités et la vice-présidente en charge de la Vie Sportive, constitue le 2ème signal troublant, révélant un manque de discernement persistant quant à la situation sanitaire en ce début d’année.

Tout d’abord, ce courrier prévoit la reprise du calendrier national au premier week-end de mars, alors que toutes les compétitions précédentes ont été annulées les unes après les autres, malgré les espoirs affichés au cours du dernier trimestre 2020. Nous sommes en droit de nous interroger sur l’utilité de soumettre aux clubs et à leurs compétiteurs ces perspectives à court terme irréalistes, au risque d’engendrer de l’impatience et de la frustration supplémentaire.

De plus, encourager la mise en place dès janvier de “rencontres de proximité » en ces termes aussi imprécis semble imprudent. Qu’entend la fédération par rencontre? Par proximité? De surcroît en janvier, alors que le monde médical craint une accélération de la pandémie due au brassage des fêtes de fin d’année. Et si un club décidait de justifier dans ce courrier la légitimité de l’organisation de sa “rencontre de proximité avec une formule compétitive” ouverte à toute l’Ile de France et plus, sur plusieurs dimanches de 8h à 18h? Autrement dit, une compétition. Improbable… Et pourtant, c’est arrivé au sein de la ligue d’escrime de Paris !

Imaginons les conséquences auprès du Ministère, du CNOSF, des financeurs et des partenaires, si celle-ci n’avait pas actionné les leviers de sa Direction Régionale puis Départementale de la Jeunesse et des Sports, puis ceux de la Mairie Centrale et de son comité régional ? Étrangement, les sollicitations auprès de la signataire de ce courrier sont restées sans réponse à 48h de l’événement.

Les clubs ont besoin d’un horizon, de repères tangibles et d’informations crédibles.

Et que dire de l’obsolescence programmée d’un tel message? Rédigé le 8 janvier et envoyé en régions le 12, alors qu’un point gouvernemental était attendu le 20, puis finalement avancé au jeudi 14 janvier, mettant fin à toute pratique sportive d’intérieur.

Les clubs depuis mars 2020 ferment, s’adaptent, ouvrent, referment puis rouvrent et referment à nouveau Ils ont besoin d’un horizon, de repères tangibles et d’informations crédibles. Agiter le chiffon d’une éventuelle reprise alors même que le Ministère chargé des Sports n’a aucune visibilité est irresponsable. Les élu.e.s, les enseignant.e.s et les bénévoles n’ont pas besoin de méthode Coué. Ils n’ont pas besoin non plus d’être rassurés quant à l’engagement total des équipes fédérales.

Ils attendent juste un plan de relance pour la rentrée qui tarde à être dévoilé…

- 17 janvier 2021 - 307 Views